Blog

Trou et aiguilles à Bavella

Pour Bavella, il faut planter un minimum de décor pour pouvoir imaginer la situation :

C’est au cœur de l’Alta Roca, à 1218 m d’altitude et situé à 9 km au nord de Zonza

Ce n’est pas le plus haut des 5 cols qui traversent la montagne, mais c’est l’un des plus beaux. Au premier plan nous avons des pins laricio, tordus par le vent,  accrochés aux parois vertigineuses, au-dessus de ravins profonds, qui semblent défier les lois de l’apesanteur. Ensuite, c’est un peu plus de 900 ha de forêt, presque impénétrable, qui jaillissent du chaos de roches rouges

DSC05636

En arrière-plan, mais accrochant tous les regards : 7 tours (appelées cornes d’Asinao dont la Punta di u Furnellu atteint 900 mètres) et des aiguilles acérées : Punta di u Pargulu, Punta di a Vacca, Punta di l’Ariettu ou Punta di l’Acellu, pointent vers le ciel.

Au milieu, une clairière, avec Notre Dame des Neiges. Une statue blanche entouré d’ex-voto qui protège le lieu depuis 1954. (oublié de la photographier ! pas grave ce sera l’occasion d’y retourner) Un pèlerinage y est organisé en août

Quelques bâtisses en guise de village ponctuent ce paysage à couper le souffle.

Bavella c’est aussi plein de possibilités de ballades. Qui vont des plus facilest à des plus difficiles

Une que je ne désespère pas de faire, tant il parait qu’elle est jolie, c’est le tour des aiguilles par la variante alpine du GR20. Mais bon, il faut minimum 6 h pour la faire et comme par hasard ça grimpe. Donc, faudra encore que je patiente un petit peu. (Ah! que j’aimerai avoir les 7 vies d’un chat afin de réaliser tout ce que j’ai envie de faire)
Par contre, une que nous avons faite (en 2010) et dont je garde un souvenir impérissable, c’est le
«U tafonu d’u compuleddu» Plus connu sous le nom de «  trou de la bombe » alors que son nom veux dire « trou de l’endos du berger ». C’est un trou de 8 mètres de diamètre qui transperce une falaise (celle de Paliri) avec un à-pic de 500 mètres derrière donnant vue sur le ravin d’Aracali,

 

DSC05649

La cavité étant quasi circulaire, c’est peut-être cela qui a donné le nom moderne de
« trou de la bombe »

La ballade facile est agréable et consiste à marcher une petite heure sous les pins (dénivelé 250 m) pour atteindre ce point d’intérêt « image du monde »

DSC05639

Après quelques heures de routes depuis Corté, nous avons pris le départ (vers 10 h) sous l’auberge du col et suivis le panneau « U Compuleddu » (balisage trait rouge)

Comme cette ballade est très connue, elle a son revers : elle est très fréquenté (aucune possibilité de se perdre).

D’ailleurs, nous avons su que l’on était arrivés quand on a entendu et vu le troupeau de touriste qui attendait son tour pour escalader les derniers mètres qui mènent au lieu.

Atteindre le-dit « trou » est compliqué. Il faut être muni de pieds et de mains agiles pour gravir la paroi, chose dont la nature ne m’a pas pourvue. J’ai dû me contenter de regardé Pascal faire l’équilibriste, en retenant mon souffle à chaque crissement de ses chaussures

Ce jour-là, il y avait beaucoup de nuages, donc il n’a pas vu grand-chose de ce qui se passait derrière.

DSC05646

A son retour, mini pose assis au bord d’un rocher à déguster une collation tout en observant les gens se trébucher en Tongues.

Je ne le répèterai jamais assez, dans la montagne de bonnes chaussures de marche sont OBLIGATOIRES sous peine de fin de séjour à l’hôpital.

Pour une fois, La ballade est trop petite à notre gout, (et trop envahie de monde … Pascal est quelque peu agoraphobe)
Pour une fois, nous étions encore en état de marche
Pour une fois, nos yeux étaient en parfait accord avec nos jambes : on continue !

Alors, voyant quelques personnes descendrent de la montagne, nous nous sommes décidés à
d’aller voir ce qu’il y pouvait bien y avoir d’intéressant là-haut. (à gauche du trou de la bombe).
Bien nous en a pris !

Pas de carte, une vague sente, aucun balisage, des cairns et surtout plus de touriste

Au regard, ça grimpait plutôt sec et dans la réalité, c’était bien le cas. On a suivis la falaise,

DSC05651

passer un couloir, passée une faille entre deux parois,

DSC05662

Et ensuite, après avoir tournée à droite sur des dalles de pierre, le but était atteint, nous débouchions sur un genre petit « plateau » avec vue à 360°. Le vent poussait les nuages. Ils avançaient vite, déplaçant leurs ombres sur le paysage. Que du bonheur.

DSC05670

Après quelques recherches (puisqu’ nous n’avions pas emporté les cartes (pas bien, oui je sais, très mal, même)) Je crois que ce lieu béni s’appelle
« Calanca Murata »

DSC05674

Et, si je me rappel bien, il ne faut pas plus d’une petite demi-heure (du trou) pour l’atteindre.

Je ne sais par contre pas, si nous nous sommes trouvés exactement au sommet, mais en tout cas c’était spectaculaire. Donc, si quelqu’un a de plus amples informations sur ce lieu, je suis preneuse !

DSC05680

Ce qui fait du bien, c’est de se sentir seul au monde, de se sentir  privilégié par rapport aux touristes qui se contentent du « trou de la bombe » et de savoir que nous avons eu accès à quelque chose de plus qu’eux (quel propos égoïste je viens de dire là ;-) )

DSC05679

C’est un endroit apparemment méconnu. Je ne l’ai vu que dans le livre hors-série du Parc naturel régional de Corse (120 randonnées et balades) par Alain Gautier au éditions Albiana.
Ce livre est apparemment épuisé, mais je suis certaine qu’en cherchant un peu, il y a encore moyen de le trouver.

Tous ceux qui continuent après le « trou » partent en générale à gauche, pour d’autres itinéraires qui les conduisent soit, sur le promontoire, soit à la Punta Velaco (1483m d’altitude avec une croix marquant son sommet)
où la vue sur les Aiguilles de Bavella au Nord, sur la côte méditerranéenne au Sud (avec un bout de la Sardaigne par temps claire) y est paraît-il grandiose ! D’autres encore, poursuivent sur les crêtes des terrasses

Après notre découverte « secrète »  nous sommes redescendu vers le trou, puis nous avons pris le sentier du retour par la chapelle et c’est ainsi que nous avons rejoins le parking

DSC05684

Il ne nous reste plus qu’à y retourner, à voir le trou de la bombe sans nuages, à pousser une pointe vers la « Calanca Murata » à redescendre, à continuer à droite vers le promontoire et la Punta Velaco, pour vérifier les dires.

Tags: , ,
0 replies

Leave a Reply

Want to join the discussion?
Feel free to contribute!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


sept + 8 =

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

CorsiCath © Copyright 2013 - Site créé par Pingwin.be